Mon été ne sera pas Virgin - Mon avis sur le dernier album de Lorde
- Gaëlle

- 21 juil. 2025
- 3 min de lecture

Avec ce quatrième album, j’attendais beaucoup de Lorde. Après plusieurs écoutes… force est de constater qu’il ne s’agira pas de mon album de l’été. Revue.
Comme la majorité du monde, j’ai découvert Lorde lors de la sortie de Royals en 2013. J’ai alors 15 ans, une compréhension de l’anglais plus qu’approximative mais mon oreille est intriguée par les sonorités de la chanteuse néo-zélandaise et je tombe, comme beaucoup, dans le culte Lorde. Je regarde ses clips en boucle, essaye de reproduire son trait d’eyeliner (et me loupe royalement) et essaye même de traduire par moi-même les paroles de ses chansons.
La Lorde-era peut commencer et son album se hisse rapidement dans le Top 10 du Hot 100.
Et puis le silence pendant plusieurs années. Radio silence. Lorde ne sort plus rien, expliquant quand elle prend la parole que la musique est pour elle une façon de se confier, d’exorciser des évènements.
En 2017, la vague Melodrama est là pour m’emporter à nouveau. J’ai envie de dire qu’elle balaya le monde mais cela serait faux. L’album fonctionne bien mais n’atteindra jamais le niveau de son grand frère. Green Light et Supercut ne quittent pas ma playlist Spotify “En Boucle”.
2021 : le monde est en pause. La pandémie nous paralyse tous et nous recherchons à occuper nos esprits. La musique est l’un des médiums servant le plus cet objectif. Avec les révélations de certains artistes à travers des streams (coucou Gracie Abrams) ou la consécration pour d’autres avec des sorties comme Futur Nostalgia de Dua Lipa, Solar Power de Lorde fait plus parler de lui pour la pochette de ce nouvel album que pour ses textes.
Pourtant, on a l’habitude avec elle qu’elle soit en marge du monde de la pop. Parfaitement réaliste sur le milieu, elle n’a pas peur d’être pessimiste dans ses textes et à rappeler la réalité des choses, à choquer ce petit monde fermé. Solar Power se voulait comme un échappatoire avec des thèmes comme la rétrospection, l’introspection ou encore le solipsisme (la théorie philosophique selon laquelle la seule chose dont l’existence est sûre est le sujet pensant). Malheureusement, la réception de cet album n’est pas solaire. Personne ne se met d’accord. Personnellement, je ne suis pas capable de citer de mémoire une seule chanson de cet album.
La comparaison avec Virgin pourrait s’arrêter là. Je peux citer une chanson sur cet opus : What Was That, que j’ai pu entendre des dizaines de fois en scrollant sur TikTok (lors d’une de mes trop nombreuses insomnies). En dehors de cette chanson, je suis incapable de nommer un seul titre ou d’une mélodie ou de paroles qui m’auraient marquées.
Mon problème avec cet album ? Ne pas réussir à suivre Lorde dans un seul de ses choix artistiques. Qu’une artiste choisisse de se réinventer musicalement est une chose. Bien réalisé, cela est même quelque chose de jouissif de redécouvrir un esprit artistique. Mal réalisé en revanche…
Cet album semble emprunté tous les choix artistiques de Charlie XCX où l’on ne comprend que la moitié des mots pour privilégier le rythme de la mélodie. Un choix parfaitement valide quand on choisit de réaliser un album visant à célébrer la liberté à faire ce que l’on veut, faire la fête, se laisser aller à l’instant présent et juste profiter. Un choix qui, en revanche, est plus difficile à assumer quand on explore des thèmes plus introspectifs comme le fait de se perdre dans une relation (Shapeshifter), la perte de son égo (Man of the Year) ou encore l’érotisme de l’intimité (GRWM).
Un choix qui, personnellement, m’a bloqué dans mon écoute. Impossible de saisir certaines paroles, alors que depuis mes 15 ans mes compétences en anglais ont évoluées. Et c’est vraiment dommage. Les paroles sont belles, profondes, vous donnant un coup dans le ventre par leur sincérité. Le tout pour être enfoui sous une basse qui ne laisse rien filtrer.
Ca semble mécanique, fiévreux, triste, comme si elle n’était pas consciente de son propre travail. Là où on pourrait se dire qu’il s’agit d’un retour à l’urgence de ces précédents albums où elle se confiait fiévreusement à ses auditeurs, ici, j’ai l’impression de louper quelque chose. De ne voir que le sommet de l’iceberg et de ne pas pouvoir creuser plus profond.
En tout cas, s’il devait s’agir de l’album de l’été, me voila refroidi (et ça tombe bien vu la pluie d’aujourd’hui).




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