The Queen is gone, pity the one filling her Manolo Blanhik!
- Gaëlle

- 26 juin 2025
- 4 min de lecture

Anna Wintour, 75 ans, vient d’annoncer qu’elle quitte ses fonctions de Rédactrice en Chef pour Vogue US. Un poste qu’elle tenait depuis près de 40 ans.
On peut entendre tout le monde de la mode frémir et tous les claviers de journalistes et blogueurs (comme votre servante) fument en lisant la nouvelle. Ce 26 juin, lors d’un réunion avec ses équipes, la Papesse de la mode, la vraie femme ayant inspirée la mythique Miranda Priestly, Anna Wintour a annoncé quitter ses fonctions de Rédactrice en Chef au sein de Vogue US. Depuis 37 ans, celle qui a donné ses lettres de noblesse au Met Gala, s’est bâti une véritable réputation dans l’univers de la mode en le façonnant.
Vous pensez que j’exagère ? Très bien.
Nous ne parlerons donc que de l’année 2024 qui fut un excellent cru pour notre Reine, que dis-je, notre Impératrice de la mode.
Couronnée Directrice Éditoriale du groupe Condé Nast (Vogue, Allure, Architectural Digest, GQ, The New Yorker, Teen Vogue, Vanity Fair, pour ne citer que les plus connus) en 2020, Anna Wintour est pourtant vivement critiqué pour la direction et sa gestion du groupe. Mais, excusez-moi, comme le dit si bien Andy dans le film Le Diable S’Habille en Prada, serions-nous aussi prompte à la juger si elle était un homme ? Serions-nous prêt à lui reprocher des coupes budgétaires et ne parlerions-nous pas plutôt de bonnes stratégies ? La question se pose quand, en 2024, Anna Wintour a réussi ce que peu de personnalités ont osé faire (pas même Taylor Swift et son Eras Tour ou Beyoncé et son Renaissance Tour) : Anna Wintour s’est offert une place de Paris en plein milieu des JO. Et pas n’importe quelle place : la Place Vendôme, haut lieu de la mode et du luxe.
La raison ? Un défilé à ciel ouvert avec un show pour le Vogue World Paris : un évènement qu’Anna Wintour décrivait comme une “une célébration de Paris et des Jeux olympiques, de l’histoire de la mode et de l’amour du sport .” au Monde.Pour l’occasion, elle avait dû négocier avec Emmanuel Macron, notre actuel Président, Laurent Nuñez, préfet de police de Paris mais également le Comité des JO et la Fédération de la haute couture et de la mode : vous comprenez bien qu’en période de JO on ne privatise pas une place comme ça, même quand on s’appelle Wintour.
Mais c’est cette pugnacité à toujours aller au bout de ses envies (et parfois les plus folles) qui a forgé à cette anglo-amériquaine sa réputation et d’obtenir sa place au sommet. En effet, pour elle, la mode est plus qu’un simple secteur de l’économie : il s’agit de culture, de divertissement, d’une profession, d’une véritable passion qui fait se rencontrer des communautés et des univers qui n’auraient autrement jamais cohabités (on peut donner en exemple citer en exemple le défilé Coperni au milieu d’une lan pour son défilé automne-hiver 2025-2026, la geek en moi était scotché derrière son live Twitch). Parce qu’Anna Wintour a su insufflé ces conversations entre les univers, flouter les lignes au point que maintenant il est impossible de regarder un match de foot sans spoter au moins trois ou quatre ambassadeurs LVMH (on salue au passage la signature de Kylian Mbappe pour la première collection Dior de Jonathan Anderson pour Dior).
Vous n’êtes toujours pas convaincu par son influence ? Très bien, prenons le cas du Met Gala 2025.
Cette année, le thème n’était rien de moins que “Superfine: Tailoring Black Style”, on passera sur le fond éminemment politique du choix de ce thème dans une Amérique trumpienne où il ne fait pas bon d’avoir des origines autres que caucasiennes. Les co-présidents sélectionnés : Pharrell Williams (Directeur Artistique chez Louis Vuitton qui sponsorisait cette édition), Colman Domingo (où l’homme le mieux habillé de la planète à mon goût), Lewis Hamilton (pilote de F1 et laissez-moi vous dire que j’ai quelques mots à écrire sur le lien entre la mode et la F1), LeBron James (joueur de basket et ambassadeur pour Nike et Tiffany & Co) et enfin le rappeur A$AP Rocky (mari de Rihanna et ambassadeur pour Bottega Venetta). Outre leurs liens avec le groupe LVMH (oui, même ceux du mariage), tous relèvent de la pop culture et vous savez qui aime ça ?
Tout le monde.
Et qui le dit ? Les réseaux sociaux. Le Gala ne fait que surfer sur cette relation que les deux secteurs qui sont étroitement liés. De ce fait, les billets du Met Ball, vendus pour la modique somme de 2 000 dollars jusqu’à, environ, la fin des années 90 ont maintenant atteint les 75 000 dollars. En comparaison ceux à 2 ou 3 000 euros pour le Vogue World font peine à voir. Et tous les ans, le Met Gala est : complet.
Ou bien, si vous n’êtes toujours pas convaincus, nous pourrions parler de son implication en politique ces dernières années. Encore en Septembre dernier, vous pouviez la voir dans les rues de New York, mégaphone à la main pour inciter ses compatriotes à voter. Pour qui ? Fervente démocrate, Anna Wintour se tient depuis 1998 à consacrer la couverture de Vogue US à chaque première dame au moins une fois. À toutes, oui, sauf pour Melania Trump qui n’a pu prétendre qu’au titre de “nouvelle épouse” et pas hors mandat de son époux. Jill Biden de son côté ? Deux couvertures à son actif en août 2021 et 2024, elle fut remplacée par Kamala Harris en octobre 2024.
Mais rassurez-vous, Anna n’est pas prête de rendre sa couronne. Non, non.
C’était en 2021, Condé Nast annonçait la plus grande restructuration dans sa structure éditoriale en réunissant toutes ses équipes éditoriales, du monde entier. Ainsi, là où se trouve Condé Nast dans le monde, vous pouvez être sûr qu’il y a un directeur du contenu éditorial pour ce territoire. Et l’American Vogue ne déroge pas à cette règle. Ainsi, Vogue US ne cherchera tout simplement… pas de rédacteur en chef remplaçant pour la Grande Dame au carré parfait et aux lunettes de soleil. En effet, Anna Wintour conservera ses fonction de responsable du contenu de TOUTES les marques au niveau mondial du groupe.
Autant vous dire que nous allons encore entendre parler pendant longtemps de notre chère Mme.Wintour.
That’s all.




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